Diriger une PME florissante est un véritable marathon : au quotidien, le dirigeant se retrouve à la fois visionnaire, vendeur, chef d’orchestre et gardien du cash. Beaucoup d’entrepreneurs que nous accompagnons évoluent dans des sociétés de 20–50 salariés générant 2 à 3 M€ de chiffre d’affaires. La croissance est là, mais la structure reste artisanale : la trésorerie est sous tension, les décisions se prennent « à l’instinct » et le dirigeant manque de relais pour prendre de la hauteur. Dans ce contexte, l’autonomie des équipes et une gouvernance financière solide deviennent des conditions de survie.
Une réponse se trouve dans le Management 3.0 de Jurgen Appelo, et en particulier dans son outil des sept niveaux de délégation. Cette approche permet de répartir l’autorité de manière progressive et sécurisée, tout en construisant un socle de confiance et de responsabilisation. L’article qui suit vous propose de (re)découvrir ces niveaux, de les mettre en perspective avec les tendances managériales 2025 et d’expliquer en quoi la délégation est indissociable d’un pilotage financier moderne.
Jurgen Appelo propose un modèle symétrique où la délégation est graduée et réversible. Il ne s’agit pas de lâcher prise totalement du jour au lendemain, mais d’adapter le niveau d’autonomie selon le contexte et la maturité de l’équipe [1]. Les niveaux s’appliquent à des zones de décision (ex. : recrutement, politique d’investissement, choix de partenaires) et non à des tâches isolées. Voici une synthèse des sept niveaux :
1. Informer (Tell)
Le dirigeant prend la décision et ne sollicite pas de discussion ; les collaborateurs sont informés ex post.
Le CEO annonce seul une acquisition stratégique.
2. Vendre (Sell)
La décision est prise par le dirigeant mais celui‑ci explique ses raisons et cherche à convaincre pour obtenir l’adhésion.
Introduction d’une méthode de gestion de projets agile après en avoir montré les bénéfices aux équipes.
3. Consulter (Consult)
Le manager demande l’avis de l’équipe avant de décider, et tient compte des recommandations.
Planification des congés avec consultation des collaborateurs pour préserver l’équilibre de charge.
4. Convenir/Accorder (Agree)
Le manager et l’équipe délibèrent ensemble et arrivent à une décision commune.
Choix des thèmes et exercices d’un atelier co‑construit avec le groupe.
5. Conseiller (Advise)
Le dirigeant donne son point de vue mais laisse l’équipe décider.
Un consultant recommande une technologie mais laisse le client prendre la décision finale.
6. S'informer/Examiner (Inquire)
La décision est prise par l’équipe ; le manager demande ensuite des explications ou des preuves de sagesse.
Une équipe choisit un nouvel outil et en explique les raisons à son responsable.
7. Déléguer (Delegate)
L’équipe décide de façon autonome ; le manager n’a pas besoin de connaître les détails.
Un auteur confie l’impression et la reliure d’un livre à un imprimeur, sans s’impliquer.
Ce modèle est symétrique : les niveaux 2 et 6 sont des miroirs (vendre vs informer), tout comme les niveaux 3 et 5 (consulter vs conseiller). Il permet d’ajuster finement la distribution du pouvoir en fonction des enjeux, du risque et de la maturité des collaborateurs.
Appelo propose un outil pragmatique pour matérialiser ces niveaux : le tableau de délégation. Il s’agit de cartographier les domaines décisionnels en ligne et de placer un marqueur dans la colonne correspondant au niveau de délégation accordé. Cette visualisation rend explicites les règles du jeu : chacun sait où il peut agir de manière autonome et où il doit consulter. Un tableau bien construit offre plusieurs bénéfices :
· Clarté et transparence : en mettant à plat les règles de décision, on évite les malentendus et les blocages.
· Implication des équipes : la co‑construction du tableau encourage les collaborateurs à exprimer leurs attentes et à évaluer leur propre maturité.
· Progression graduée : le tableau sert de base de travail pour augmenter progressivement le niveau de délégation sur certains sujets.
Pour rendre l’exercice ludique, certains coaches utilisent des jeux comme le Delegation Poker ou des ateliers de co‑conception. L’important reste d’ajuster régulièrement ce tableau en fonction de l’évolution de l’entreprise et de la confiance mutuelle.
Les dirigeants de PME n’évoluent pas dans un vide. En 2025, plusieurs tendances redéfinissent le rôle des managers et plaident en faveur d’une délégation plus poussée :
Ces tendances rendent la délégation indispensable : pour gérer des équipes hybrides et multidisciplinaires, le dirigeant doit lâcher prise sur l’opérationnel et permettre à ses collaborateurs de prendre des décisions locales. La mise en place des niveaux de délégation offre un cadre structurant pour naviguer dans cette complexité.
Le dirigeant d’une PME en croissance manque souvent d’un bras droit financier. Le pilotage de la trésorerie repose sur son ressenti, les banques exigent des prévisionnels et le comptable fournit surtout de la conformité. Dans le même temps, recruter un directeur financier à temps plein peut représenter 150 k€ par an (salaire chargé, équipements, etc.) et absorber 3 % du chiffre d’affaires d’une PME de 5 M€ [3]. C’est pour cela que de plus en plus d’entreprises se tournent vers des directeurs financiers à temps partagé.
L’Observatoire 2023 des DAF à temps partagé, publié par la DFCG, montre que la part de directeurs administratifs et financiers à temps partagé en activité a bondi de 36 % à 48 % en 2025. Les dirigeants recourent à ces profils pour plusieurs raisons :
· Expertise globale : 88 % des dirigeants pour bénéficier d’une compétence financière complète qui fait défaut dans les PME.
· Flexibilité : 59 % apprécient la possibilité d’ajuster la prestation selon leurs besoins ; 48 % y ont recours pour des missions spécifiques.
· Optimisation des coûts : un DAF à temps partagé intervenant deux jours par semaine coûte entre 30 000 € et 60 000 € par an, soit environ 60 % d’économie par rapport à un recrutement interne, tout en libérant des ressources pour d’autres investissements.
Pour nos clients, la mise en place d’un service financier solide et d’un tableau de bord clair passe par :
La délégation n’est pas un renoncement ; c’est un acte stratégique qui permet au dirigeant de reprendre de la hauteur et de passer d’un pilotage instinctif à une gestion structurée. Dans un contexte où la transformation numérique, la responsabilité sociétale et la guerre des talents rebattent les cartes du management, adopter les sept niveaux de délégation vous offre un cadre clair pour responsabiliser vos équipes et réduire les risques.
Parallèlement, la mise en place d’une gouvernance financière moderne, via l’appui d’un DAF externalisé ou de transition, vous libère du temps pour jouer votre rôle de visionnaire. En s’entourant des bons experts et en fixant des zones de décision claires, votre PME sera mieux armée pour passer de 2 M€ à 10 M€ de chiffre d’affaires avec sérénité et crédibilité.
Pour aller plus loin, vous pouvez réserver un échange ici : https://zcal.co/i/4gOrsd2d
Ebenezer Moussio, fondateur de NOUORG . DAF à temps partagé, j’accompagne les dirigeants à transformer leurs chiffres en leviers de croissance. 📩 ebenezer@nouorg.com
[1] Management 3.0 partie 2 : la décentralisation du contrôle
https://inspearit.fr/blog/management-3-0-ou-la-decentralisation-du-controle/
[2] Tendances Management 2025 : les 4 tendances incontournables
https://culture-rh.com/tendances-management-2025/
Les tendances du management d’équipe à l’horizon 2025 - Demos
https://www.demos.fr/blog/les-tendances-du-management-dequipe-a-lhorizon-2025/
[3] Pourquoi les PME se tournent vers le DAF à temps partagé en 2025 ? - leBoard
https://www.leboard.io/blog/daf-en-temps-partage-2025













